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Emazteen artea II

Arte erakusketa - Donibane-Garazi - 2008ko martxoaren 8tik apirilaren 5era

2008/02/27 00:12:41.122 GMT+1

Une visite chez Béatrice D.

Le soleil d'hiver illumine les collines autour d'Hasparren lorsque Béatrice D. nous accueille dans son atelier à côté de la vieille ferme perchée sur une hauteur où elle vit avec son mari médecin. Une symphonie de jaunes et de bleus nous éblouit en y entrant.

Les murs sont couverts de tableaux. De grandes toiles sont perchées sur des chevalets ou rangées contre les murs. Un chat s’enfuit par la porte. Au milieu de la pièce, une table de travail est couverte de bouteilles, de petits pots et de pinceaux. Sur une autre table dans un coin se dresse une petite armée de figurines en terre cuite

Au début, on a de la difficulté à percer au-delà des couleurs de ses toiles. Mais peu à peu des traits et des formes émergent. Entrer dans la peinture de cette femme mince et pleine d’énergie, c’est tout d’abord devoir s’accoutumer au non-dit et à l’invisible. Des figures qui apparaissent et qui disparaissent, des allusions fugitives, parfois fuyantes : démarche délibérée, celle de la recherche et de la rencontre de la vie au-delà des apparences.

D comme Doutremepuich, de son nom de jeune fille, ainsi que comme Dardel, de son nom de femme mariée, Béa pour les intimes, l’artiste elle-même est tout sauf fuyante. Après une enfance heureuse sur la côte basque, elle a vécu une vingtaine d’années à Bordeaux, où elle a appris son métier d’ergothérapeute. Aujourd’hui, elle exerce dans l’art thérapie, donnant des cours à Tours et à Bruxelles et travaillant avec des patients dans des institutions sur la côte basque.

Peintre confirmé, avec de nombreuses expositions à son actif, elle produit des tableaux abstraits qui sont les fruits d’une réflexion intense. « Le visible représente ce qu’une personne ou une chose offre aux regards» explique-t-elle. Mais «très vite s’imprime à mon regard une présence ou une absence qui n’est visible qu’à la perception de l’être.»

Voici donc des tableaux  dans lesquels les pigments et autres matières, comme le sable et le goudron de Judée, ont une existence propre, tout en se référant à des sensations et des réflexions intimement liées à son vécu. Tel pigment extrait d’une mine en Provence, tel autre qu’elle a ramassé elle-même, une poignée de sable de la plage de Sokoa où elle a passé son enfance… les ingrédients de la peinture se transforment à travers l’acte de création en rythme et musique visuelle.

«Les pigments poudres deviennent liquides ou pâteux. La conception s’élabore. Parfois tout est modifié. Les premiers croquis, dessins, essais font apparaître une silhouette dialoguant avec une autre, et à distance c’est une autre aventure qui se lit, prenant ainsi toute sa liberté, sa place dans l’atelier.»

L’aventure est visuelle mais aussi intellectuelle, comme le démontre l’exemple de cette série de tableaux inspirés par les cristaux liquides, objet d’une thèse en sciences rédigée par son fils aîné. Partant de la rigueur scientifique de son analyse et des photos prises au microscope électronique, l’artiste a fait une autre lecture inspirée d’émotion intense.

Dans ses écrits, véritable narratif du processus de création, l’artiste nous livre les clefs de son œuvre : «La peinture est une source vivante inépuisable. Elle est reliée au monde, à l’être. Ne croyez pas que le peintre soit à côté du monde : non, pas du tout. La perception de son regard se mélange à sa réflexion, ses peurs, ses joies… aussi il propose une autre lecture de la vie.»

Nork: itzal aktiboa.2008/02/27 00:12:41.122 GMT+1
Gaiak: basque art d béatrice artistes emazteen féminin exposition pays au femmes artea | Permalink | Erantzunak (0) | Errenferentziak: (0)

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