Ikerzaleak

Etude, promotion et sauvegarde
du patrimoine de la province de Soule en Pays Basque,
de la préhistoire à nos jours

2008/09/30 19:01:44.660 GMT+2

Cheminée baroque au château de Maytie à Mauléon

Lorsqu’on s’arrête à la place des Allées de Mauléon, on ne peut manquer de remarquer l’hôtel de Maytie, cette grande demeure flanquée de quatre tours et couverte par un toit d’une hauteur remarquable. Elle fut construite au tout début du XVIIème siècle par Arnaud de Maytie, certainement le personnage marquant de l’histoire de la Soule à cette époque. Héritier d’une noble lignée souletine, qui pendant les guerres de religions s’était opposé à la Réforme protestante, Arnaud était devenu évêque d’Oloron et mettait toute son énergie pour restaurer le culte catholique.

Il fit construire cette demeure dans ce qui était alors la campagne, aux portes de Mauléon. La construction a gardé quelques caractères médiévaux, mais c’est avant tout un monument de la fin de la Renaissance, qu’on peut aussi qualifier de « baroque ».

Parmi les nombreux trésors que le visiteur peut découvrir à l’intérieur se trouve cette grande cheminée. Edifiée en pierre avec des élèments de décor en stuc, elle est probablement l’oeuvre d’artistes italiens itinérants. On a pas conservé leurs noms, mais cette oeuvre témoigne de leur remarquable talent. On y trouve tous les caractères de l’art de la Renaissance : l’organisation rigoureuse, la recherche d’harmonie et d’équilibre des différentes parties, l’inspiration antique des drapés et des corps. Les deux personnages féminins de part et d’autre du manteau seraient la déesse Démeter et sa fille Perséphone. Perséphone aurait perdu sa tête un jour d’émeute en 1661, quand Matalas et ses paysans révoltés envahirent le château. Deux puttis -enfants joufflus- tiennent une couronne de lauriers au dessus du monogramme AM, les initiales d’Arnaud de Maytie. Le portrait placé au dessus est celui de son petit neveu qui fut lui aussi évêque d’Oloron, pendant le règne de Louis XIV.

Cette cheminée monumentale a moins une fonction utilitaire qu’une fonction politique. Comme l’ensemble du monument, elle est une oeuvre à la gloire de la famille de Maytie. Le luxe du décor, l’habileté des artistes, les emprunts à l’art italien qui était alors tellement à la mode, tout cela dans une province éloignée, ne pouvaient qu’impressionner les visiteurs. Arnaud de Maytie n’a résidé que peu de temps dans le château qu’il avait fait construire. Mais celui-ci est resté la propriété de sa famille, et ce sont ses descendants qui aujourd’hui encore l’habitent et l’ouvrent au public.

Visites du 1er juillet au 20 septembre. Horaires: matin : 11h ; aprés midi : 15h, 16h15 et 17h 30. Jours de fermeture: le jeudi et le dimanche matin.

Pour les groupes, accueil toute l'année sur réservation.Tel: 05 59 28 04 18 - Fax: 05 59 28 19 67

Auteur: Robert Elissondo.2008/09/30 19:01:44.660 GMT+2
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2008/09/03

Exposition ''Médecines populaires en Soule''


    La nouvelle exposition d'Ikerzaleak, " les médecines populaires en Soule " présente de nombreux documents et témoignages sur les médecines d'autrefois : les traitements par les plantes, les sources thermales de la vallée, l'action des guérisseurs. 
L'exposition est présentée durant tout le mois de septembre à TARDETS, Maison interprofessionnelle, SALLE ETXAHUN. Ouvert tous les jours

Voir document : Sources et eaux thermales en Soule

Auteur: ikerzaleak.2008/09/03
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2008/08/29

Les anciennes forges de Larrau

Voilà un aspect bien oublié de notre passé. La Soule comme la plupart des vallées pyrénéennes a été un pays de mines et de métallurgie. Plusieurs filons de minerai de fer ont été exploités en Haute Soule : à Montory, Haux, Bostmendietta et Burkegi à Larrau. Entre 1740 et 1870 plusieurs forges ont fonctionné à Haux, Atherey, licq et la plus importante à Larrau.

A quelques kilomètres en contrebas du village, au bord du ruisseau sur la route d’Irati on devine cachés par la végétation, des vestiges de bâtiments. Il y avait là une véritable usine employant jusqu’à 150 personnes.

Des ruines enfouies dans la végétation. Voilà tout ce qui reste des forges de Larrau

La forge d’Udoipeia-c’est son véritable nom- a probablement commencé à travailler vers 1730-1740. Le minerai de fer provenait des montagnes de Haute Soule et était transporté à dos de mulet ou à dos d’homme. Le ruisseau fournissait l’énergie pour les martinets qui battaient le fer. Pour la fonte et le travail du métal, il fallait d’importantes quantités de charbon de bois. Celui-ci était produit dans les forêts des montagnes de Haute Soule par des dizaines de charbonniers. Avant la révolution, la forge consommait chaque année l’équivalent de 7 hectares de forêt!

Les méthodes de fabrication du métal sont au début très archaïques. Pendant des heures il faut chauffer le minerai avec des soufflets, marteler le produit de la fonte pour obtenir une petite masse de fer de mauvaise qualité. Des améliorations sont apportées progressivement. Peu avant 1789 un système de soufflerie beaucoup plus puissant fonctionne grâce à une chute d’eau. En 1836-1837 on construit un haut fourneau de 10 mètres de haut. Les gestionnaires de la forge font appel à des ouvriers qualifiés venus de Navarre, et plus tard de Franche-Comté. Une petite société très multiculturelle vit autour des forges. On y parle français et les divers dialectes basques. C’est dans ce milieu très ouvert que naît Clémence Richard (1830-1915) amie puis épouse de Lucien Bonaparte, et qui a participé à ses travaux sur la langue basque.

Malgré les améliorations techniques et la qualité de la main-d’oeuvre, la forge de Udoipeia n’a que rarement connu la prospérité. Les difficultés de l’exploitation était multiples : un minerai de qualité médiocre extrait loin de l’atelier, en montagne, dans des filons vite épuisés ; les caprices du climat : en 1800, un violent orage détruit le site. Le métal produit, en faible quantité, devait être acheminé à Tardets à 20 km de là à dos de mulet. L’arrivée du chemin de fer et des produits métallurgiques de la grande industrie moderne a vite eu raison des forges pyrénéennes. Celle de Larrau a cessé de fonctionner en 1870.

Source : site minier de Burkegi et site métallurgique d’Udoipeia à Larrau par Eric Dupré et Christian Saint-Arroman dans la revue Ikuska n°6 1994

Pour une description précise du travail de la forge de Larrau avant la Révolution voir Description des gîtes de minérai et des bouches à feu de la France par M. le baron De Dietrich. 1786-1800. 3 vol. Voir tome 1 p. 447 et suivantes : description des minerais et forges de Soule et de Basse Navarre.

Auteur: Robert Elissondo.2008/08/29
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2008/07/28

Découverte d'une sépulture collective de la fin de la préhistoire

Non loin de la crête sommitale des Pyrénées, à la limite de la Soule, du Béarn et de la Navarre s’étend le majestueux vallon d’Erraize dans la commune de Sainte Engrâce. A la belle saison c'est le domaine des troupeaux. Juste au dessus, sur le versant de la croupe calcaire de Droundak (1628m) se trouve l’entrée d’une modeste cavité en grande partie obstruée, où les spéléologues ont fait une remarquable découverte en 2002.


Le vallon d'Erraize était parcouru par les bergers et leurs troupeaux il y a plus de 3000 ans. Photo d'Allande

En dégageant l’entrée ils ont exhumé plusieurs dizaines de restes humains et de nombreux fragments de céramiques. Qui étaient ces hommes et pourquoi ont-ils été inhumés là ?

Les restes osseux qui ont été trouvés sont ceux de 23 ou 24 individus des deux sexes. Parmi eux il y avait 11 adultes, 2 adolescents , 6 à 7 enfants de moins de 10 ans et 4 nouveaux nés. Ils ont vécu à l’âge du bronze moyen, c’est à dire entre 3700 et 3100 avant aujourd’hui. Ils faisaient partie d’un groupe d’éleveurs qui montait en famille vers les pâturages d’altitude à la belle saison pour accompagner leurs troupeaux. Un habitat saisonnier devait exister non loin de la grotte. Ces individus sont morts pendant cette transhumance estivale. Les vestiges découverts démontrent clairement que les conditions de vie de nos ancêtres bergers n’étaient pas faciles.

Source : conférence de P. Dumontier à Aramitz le 16 avril 2008

Auteur: ikerzaleak.2008/07/28
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2008/07/23

L'église de Montory

Dans sa Chronique du Diocèse et du Pays d’Oloron, l’Abbé Menjoulet nous dit : «En 1070, Héraclius, fils d’un Vicomte de Mauléon fut nommé Archidiacre de Soule (équivalent de Vicaire Général) et, quelques années plus tard, archidiacre d’Oloron, il rattacha la Soule au diocèse d’Oloron» . Cet Archidiacre aurait-il un rapport avec la construction de l’église de Montory ? C’est possible puisque on trouve, sur le portail principal, la date 1070, en chiffres Romains, suivie de la lettre h.


C’est également dans cette période,  que les Souletins furent accusés d’avoir assassiné le Vicomte d’Oloron. Son fils, Centulle V, racheta, une partie de ses droits sur la Soule, au Duc d’Aquitaine, mais les Souletins refusèrent d’obéir à leur nouveau seigneur. Centulle envahit donc la Soule (1080) et c’est à cette occasion qu’il aurait accordé « aus habitants et bourgès deù loc de Montory las coustumas libertats et franquesas de la ciutat d’Oloron en Béarn » autrement dit, Le FORS d’Oloron.

Au dessus de la date, on trouve un Blason ; celui-ci est composé d’un écu à base arrondie, meublé de trois fleurs de lis, timbré d’une couronne ducale. Il constitue une véritable énigme car, la couronne de Duc signifie qu’il appartient à un Duc, or, les seuls Ducs qui ont jamais eu un rapport avec Montory, sont les Ducs d’Aquitaine, suzerains de la Soule, donc de Montory. On sait aussi que l’écu à trois fleurs de lis, était entre 987 et 1336, celui de l’Ile de France, composée des diocèses de Paris, Senlis, Chartres, Sens et Beauvais. Mais alors, pourquoi la couronne de Duc ? L'écu à base arrondie serait d'origine espagnole, il s'agirait peut-être du blason d'Aliénor Plantagenêt (1161-1214) fille d'Aliénor d'Aquitaine  qui épousa en 1177 Alphonse de Castille. (En 2002 le Conseil Historique et Héraldique de France nous avait déclaré qu'il s'agissait du blason d'Aliénor d'Aquitaine)  

De part et d’autre du blason, figurent aussi deux lettres : U à gauche, et H à droite. Elles pourraient correspondre aux initiales de Urbain II et Honorius II, papes entre 1080 et 1160, ce qui pourrait correspondre à la période de construction de l’église.

Cette église possède un clocher-donjon (comme beaucoup d’églises du Béarn) de huit mètres sur huit, à la base, et comporte cinq niveaux. Des « archères » percent les murs de celui-ci, et deux « machicoulis » subsistent au dessus de la porte latérale, certainement à l’origine il devait y en avoir tout le tour. Du coté de la nef, le clocher repose sur une arche en ogive, ainsi que du coté de la chapelle. Ces deux arches se rejoignent sur un seul et même pilier. La voûte, en plein cintre, est aujourd’hui en bois recouvert de plâtre. Certaines ouvertures, donnant sur le chœur,  ont  été percées au cours des siècles, car leur taille et leur forme ne correspondent pas à l’ensemble.

Au dessus de la porte latérale, on trouve aussi un Chrisme qui a une particularité, comme à Ste Engrace,  le symbole Alpha se trouve à droite, et le symbole Oméga à gauche, alors que, en règle générale, c’est l’inverse. A l’intérieur, elle possède un Retable en bois doré, du début XVIIIème (?) et on trouve aussi, plusieurs plate-tombes et plusieurs « jar-léku » (pierres portant juste le nom de la maison du défunt). La présence d’un Chrisme signifierait, d’après certains érudits, que cette église  à    été sur un  chemin de  St Jacques ; ceci est fort possible, puisque nous avons trouvé, dans « Le Livre Terrier de Montory de 1764 » que, un terrain situé derrière la Mairie actuelle, était dénommé : « terres de l’Hôpital ». D’après les confronts donnés, il s’agirait de la partie  du cimetière, à gauche de l’allée principale. 

En 1568, les catholiques souletins, vaincus en Basse Navarre, vinrent saccager le village et incendier l'église pour se venger du seigneur de Gramont  propriétaire de la Baronnie. Matalas fit de même en 1661, sans doute pour nuire à Mr de Trévilles nouveau Baron de Montory. Suite au tremblement de terre de 1967, d'importants travaux de restauration furent réalisés sur une période de vingt ans. Cette belle église mérite bien une visite !

 R.Es

Auteur: ikerzaleak.2008/07/23
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2008/06/29

Un village fortifié de la fin de la préhistoire : Maidekoralia

Sur la route qui mène d'Alçay à Ahusqui un modeste panneau indique la piste qui conduit au col et à la vallée d'Oxibar, la Vallée du Loup. On est sur le versant sud-est du massif des Arbailles. Le paysage apparaît sauvage et austère : on devine que l'agriculture peine à se maintenir au milieu de ces versants rocheux. Pour tout promeneur curieux, c'est un site passionnant.


La colline de Maidekoralia d'après le site geoportail.fr

La vallée d'Oxibar n'est qu'un reste tronqué d'une grande vallée qui, il y a plusieurs millions d'années, descendait des abords du massif d'Irati. L'érosion en a fait disparaître toute la partie supérieure. C'est devenu une vallée sèche crevée de dolines où l'écoulement souterrain des eaux a multiplié gouffres et grottes.

A partir du col, en montant vers l'est, on peut gagner un petit sommet partiellement boisé d'où l'on a une belle vue sur « Ibareskuin », « la vallée de droite » avec ses nombreux petits villages. Le nom de cette colline « Maidekoralia » rappelle des personnages de la mythologie basque qui auraient vécu là. On voit encore très distinctement un long amas de pierre qui ceinture presque le sommet, manifestement oeuvre de la main de l'homme. C'est en réalité le reste d'une enceinte proto-historique. Le Pays basque compte une soixantaine de camps protohistoriques, la Soule une quinzaine. Celui-ci offre la particularité d'être entouré d'un mur de pierre. On appelle protohistoire cette époque de la fin de l'antiquité où des peuples vivaient encore dans la préhistoire alors que d'autres -notamment autour de la Méditerranée- développaient de prestigieuses civilisations dotées d'une culture écrite. Les habitants de la vallée de la Soule n'était alors que de modestes éleveurs qui ne connaissaient ni l'écriture ni l'organisation étatique.

Des sondages réalisés entre 1984 et 1986 par le Général Gaudeul ont permis d'en connaître un peu plus sur leur mode de vie. On a découvert des traces de feu, de tessons de poteries, un fragment de fibule, un peson de métier à tisser.

Ces modestes vestiges prouvent qu'il y avait à cet endroit dans les deux siècles précédant notre ère, sinon un village, du moins un campement durable.

Un fragment de poterie qu'on peut dater du 1er siècle avant J.C.

Sources : Francis Gaudeul : les enceintes protohistoriques dans Le Pays de Soule, Editions Izpegui.

Voir aussi : Georges Fabre Carte archéologique de la Gaule  : Pyrénées-Atlantiques.


Auteur: Robert Elissondo.2008/06/29
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2008/06/12

Pierre Boucher (1917 - 1997)

Parisien, élevé à Pau, marié en Soule, Pierre Boucher a été longtemps professeur de dessin technique au Lycée d'Enseignement professionnel de Mauléon.

Passionné de spéléologie, et plus encore de préhistoire, longtemps correspondant des antiquités historiques et préhistoriques, à titre bénévole, ce remarquable observateur, autodidacte de valeur, a fouillé de nombreux sites :

-Grotte d'Haregui et grotte de Suhare avec son ami Georges Laplace du C.N.R.S.

-Les dolmens d'Ithé 1 et Ithé 2 avec Dominique Ebrard.

-A Larrau : grotte d'Ustarbe, sites de Betzüla, Axurarpea, Ibarrondo, Iraty, fonds de cabane d'Ustarbe.

-Camp protohistoriques de Maide Korralia à Alçay, Txorikhantegia à Idaux, Gaztelügain à Libarrenx.

-Grottes sépulcrales d'Elsarre... Et aussi des découvertes fortuites, parfois fort intéressantes.

Il respectait scrupuleusement les méthodes scientifiques de fouille, et les faisait respecter énergiquement. Chaque pièce était identifiée et localisée grâce à des carnets de fouilles d'une grande précision qui sont aujourd'hui des documents incontournables. Un vrai travail de fourmi.

C'était un personnage haut en couleurs, qui savait trouver des bénévoles, les passionner, les former. Il était exigeant sauf pour les horaires qu'il n'hésitait pas à dépasser. Les grands passionnés ne mesurent pas le temps.

Par testament, il a légué la riche collection d'objets et la bibliothèque réunies pendant toutes ses années de travail, à la Commission syndicale de Soule, à la Commune de Mauléon, au Syndicat Intercantonnal devenu Communauté des Communes. Sa volonté expresse était que ce trésor ne quitte pas la Soule. L'association Ikerzaleak et plusieurs spécialistes de la préhistoire sont chargés de la conservation et de l'étude de la collection. Il faut citer parmi eux un autre amateur passionné, collaborateur de Pierre Boucher, le seul capable de poursuivre son travail : Dominique Ebrard.

P. P. Dalgalarrondo

Voir : le travail fait sur la collection Pierre Boucher

Auteur: ikerzaleak.2008/06/12
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2008/04/12

Colloque sur le poète Jean de Sponde (1557 - 1595)

C’est à l’initiative de Véronique Duché, Philippe Chareyre de l’Université de Pau et des Pays de l’Adour, UFR de Lettres, à Pau, en lien avec les associations Eusko Ikaskuntza de Bayonne, Ikerzaleak de Mauléon et la mairie de Mauléon, que se sont déroulées à Pau et Mauléon, deux journées de colloque universitaire sur la vie et l’œuvre de Jean de Sponde (né à Mauléon en 1557 et mort à Bordeaux en 1595).

 Homme politique protestant du temps des guerres de religion du XVIème siècle, agent d’Henri III de Navarre qui devint le roi Henri IV de France et dont il suivit l’exemple en se convertissant au catholicisme, Jean de Sponde est plus connu dans les pays protestants du Nord que chez les catholiques du Sud.

Son œuvre littéraire reste mal connue, que ce soit ses traductions et commentaires savants d’Homère et d’Hésiode, ou ses poèmes : Méditations sur les psaumes, Chansons mises en musique par  L’Estocart en 1581-83 ; Poèmes chrétiens ; stances de la mort en 1588 ; ses 26 sonnets d’Amour. Il a rédigé aussi des ouvrages de théologie : Response d’un catholique apostolique romain au protestant ; Déclaration des principaux motifs  qui induisent le sieur de Sponde… à s’unir à l’Eglise en 1595.

Sponde et son œuvre ont été reconnus depuis les recherches et publications de ses œuvres littéraires par l’Anglais Alan Boase à Genève en 1978, d’autres chercheurs comme Thierry Maulnier et Marcel Arland se sont penchés sur cet auteur baroque du XVIème siècle, comme ceux des universités de Zurich et d’Oxford, de Padoue et même de Rimouski, et, en France, de Paris, Lyon et Reims,  Clermont-Ferrand, Grenoble et de Savoie, de Tours et Poitiers, de Bordeaux et Nice et de l’UPPA à Pau.  Mais aussi dans son Pays basque d’origine puisque le professeur Jean-Baptiste Orpustan éditait ses poèmes en traduction basque sous le titre : Ezponda euskal neurthitzetan  (éditions Izpegi de Baïgorry en 1995).  Et, à Mauléon, sa ville natale où l’on trouve une rue Sponde depuis 1904, l’association Ikerzaleak avec le Collège St-François en faisait un sujet de conférence dans le cadre des journées du Patrimoine en septembre 2003. Pour célébrer le 450ème anniversaire de sa naissance à Mauléon, l’association des Amis du château en faisait un sujet de scène lors de sa reconstitution historique Herria en août 2007.

 Le samedi 15 mars 2008, le colloque Sponde s'est déplacé à la mairie de Mauléon qui est l'ancien hôtel de Montréal bâti vers 1650-60 sur les ruines de la maison de Guicharnaud où naquit Jean de Sponde en 1557.

Auteur: Joël Larroque .2008/04/12
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2008/03/29

Découverte de peintures baroques à l'église d'Espès

Samedi 8 mars, à l'initiative de l'association des amis du Musée basque de Bayonne, une cinquantaine de personnes ont pu visiter l'église d'Espès au milieu de ses travaux de restauration. On a pu admirer une partie du plafond de bois couvert de peintures dont personne, jusque là, ne connaissait l'existence.

La petite église était auparavant décorée de grandes bandes de toile peintes qui lui donnaient un air de théâtre. Lorsqu'on a commencé à déposer ces tissus pour restauration, on s'est aperçu que derrière il y avait ces peintures.

Elles représentent les moments les plus importants de la vie du Christ. Elles ont manifestement une mission pédagogique : instruire le peuple des vérités de la foi. On peut voir aussi une représentation très curieuse du soleil et de la lune. La date proposée est le début du XVIIème siècle. C'était une époque de restauration du culte catholique après les guerres de religion. Les églises abandonnées ou pillées étaient à nouveau meublées et décorées.

Détail du plafond de bois peint de l'église paroissiale d'Espès. début du XVIIème siècle.

Quelques détails suggèrent aux spécialistes que ces peintures ont été fortement inspirées par l'ordre des Jésuites. Le personnage assis au premier plan à la table du dernier repas de Jésus ressemble beaucoup à un mandarin chinois. Or les Jésuites ont tenté de convertir la Chine, et certains se sont fortement imprégnés de sa culture millénaire.

Pourquoi a-t'on caché ces peintures ? Mme Edith Imbert, notre guide ce jour-là, a relié ce mystère à l'expulsion des Jésuites, décidée en France en 1764. Les peintures rappelaient trop leur présence et on les a masquées par des toiles pour les faire oublier plus vite.

Les planches qui couvrent le plafond et constituent le support à la peinture ont besoin d'une restauration : elles sont déposées une par une pour être consolidées. Le maire de la commune espère que le chantier sera terminé à la fin de 2008 et que le public pourra alors admirer l'oeuvre dans son intégralité. Nous souhaitons à la municipalité nouvellement élue du courage et de la détermination pour hâter la fin des travaux et mettre au point une mise en valeur digne de la qualité de cette oeuvre qui enrichit singulièrement le patrimoine de la Soule. Les toiles seront restaurées aussi et présentées dans la nef. Rappelons que dans la même commune, l'église d'Undurein possède un retable du début du XVIIIème siècle du plus grand intérêt et qui a bénéficié comme le décor intérieur d'Espès d'une mesure de classement par l'administration des Monuments historiques.

R.E.

Auteur: Robert Elissondo.2008/03/29
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2008/03/27

La coupole hispano-mauresque de l'Hôpital-Saint-Blaise

L'église de l'Hôpital Saint Blaise s'élève au milieu d'un minuscule village entouré de bois. C'était à l'origine une halte sur un chemin qui reliait Oloron à la Basse Navarre par la Soule. Ce chemin était aussi utilisé par les chevaliers, les marchands, les migrants qui se rendaient en Espagne. La plupart étaient aussi des pèlerins qui faisaient halte dans les sanctuaires situés à proximité de leur chemin. La construction du monument a débuté vers 1148 et s'est achevée au début du XIIIème siècle.  C'est donc la plus tardive des églises romanes de Soule. Malgré sa petite taille elle est un témoignage précieux des influences artistiques qui se rencontraient sur les chemins entre la France et la péninsule ibérique. C'est ce qui a justifié son classement au Patrimoine mondial de l'humanité en 1998.


La coupole comme d'autres éléments architecturaux de l'église rappelle l'art de l'Espagne médiévale, une Espagne qui était alors divisée entre Islam et chrétienté. Le modèle original est une coupole de la Mosquée de Cordoue édifiée au Xème siècle. D'autres édifices ont copié ce modèle, d'abord des mosquées, puis des églises. Que pouvait évoquer pour ses bâtisseurs cette coupole ornée de huit arcs entrecroisés? Ils ne pensaient probablement ni à Cordoue ni à Saint-Jacques. Peut être s'agit-il d'une référence à Jérusalem et au Saint sépulcre. On y trouve aussi une coupole ouverte à son sommet. Les huit arcs évoqueraient la résurrection. R.E.

Auteur: Robert Elissondo.2008/03/27
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