Aizkolariak - Les bûcherons

La hache est un des premiers instruments du Pays Basque, la racine aitz (pierre) date du néolithique. L’acier a remplacé la pierre depuis fort longtemps, et le aciéries du sud fournissent des haches très performantes, Leiza, Jaurégui, sont des labels aussi connus que Laguiole en couteaux, par chez nous. Les haches sont très équilibrées, bien ovalisées en coupe, pour ne pas se coincer dans le bois, un affûtage léger suffit.

Et il fallait en couper du bois. Pour le chauffage et le bois d’œuvre au quotidien. Mais tous les ports basques ont tiré le bois des coques de bateaux et le sapin de leurs mâts débités – à la hache – des forêts de l’arrière-pays. Et les très nombreuses fonderies qui fonctionnaient au nord comme au sud, nécessitaient beaucoup de charbon de bois, d’autant que les hauts-fourneaux, d’un modèle parfois peu élaboré, se montraient particulièrement gourmands.

On maniait donc fort bien la hache, et surtout mieux que le voisin. De quoi lancer des défis. Il y en eut de célèbres, qui remplirent des arènes entières. Aujourd’hui encore, sur le coup de midi, on ne compte plus les concours télévisés en direct. Autrefois, le bûcheron enlevait sa chemise et attaquait le tronc sans autre forme de préparation. Aujourd’hui, ce sont de véritables athlètes, sponsorisés par des marques de sportswear, la caméra mettant bien évidence la marque des chaussures ou la bouteille de boisson énergétique. Avec de plus l’apport des recettes du nombreux public, entre compétitions et exhibitions, 15 ou 20 bûcherons mènent un certain temps, une vie de professionnels de la hache.

Les concours durent très longtemps, souvent près de 45min en moyenne. Cela dépend de la dureté du bois, on évite les essences noueuses comme le chêne ou le pin, un simple nœud pouvant handicaper un concurrent. On utilise essentiellement du hêtre ou du sapin, taillé de frais, le degré de séchage du bois étant difficile à contrôler. 
             
Chaque concurrent devra couper ses 4 troncs, puis il ira couper ceux de son adversaire, qui lui aussi changera de série, ainsi chacun aura coupé les mêmes troncs de 36 à 108 pouces de circonférence (1 pouce mesure 2,31cm). En général les troncs ont à peu près la même dimension, autour de 45 pouces, mais rien n’empêche de varier les grosseurs.

Le bûcheron se met sur le tronc et attaque le bois sur une largeur de 25cm, cette entaille ira en se réduisant jusqu’à 0, au point de rupture ; l’attaque se fait donc de manière très précise avec une hache plus lourde. Quand il atteint la moitié de l’épaisseur, l’ aizkolari se retourne pour attaquer de l’autre côté. L’exercice est rude, exténuant, on a même vu il n’y a guère, et en direct à la TV, un concurrent tomber raide d’épuisement, le nez au milieu des copeaux, sans conséquence pour sa vie cependant. L’entraîneur, à l’aide d’une baguette, indiquera le point d’impact, écartera les copeaux, passera la hache plus légère, essuiera la sueur au front…Les dernières minutes sont haletantes, quand le bûcheron espace ses coups, qu’il essaie d’appuyer avec tout le poids de son corps. Pénibles aussi les minutes qui obligent le perdant à terminer sa besogne, alors que le vainqueur est déjà assis, en train de récupérer.    

Pour les championnats avec divers jeux, on ne joue plus sur la durée, mais sur la vitesse : 2 troncs en 10min maxi. Cette méthode est employée par les Australiens, qui dès les années 75, montrèrent leur supériorité. Ils nous laissèrent aussi leurs haches, équilibrées différemment, plus lourdes, avec un manche à double courbure. Actuellement, les Basques  font venir les haches de compétition de l’hémisphère sud. Ils prennent un soin extrême à la préparation, ils bichonnent cet acier et pour vérifier le bon affûtage, ils se rasent quelques poils de l’avant-bras avec la lame tranchante. Elémentaire…

L’épreuve des bûcherons est propice à soulever la passion des foules, elle est facile à mettre place, l’effort est beau, l’athlète magnifique. Voilà pourquoi les sponsoring suit de près, les hommes se préparent au maximum, pour aller toujours plus loin, plus fort. Il ne faudrait pas que les aizkolaris tombent dans des excès que l’on a connus chez d’autres gros bras. On est bien loin de la chemise blanche et des sandales à semelle de corde.

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